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Une concession Alfa Romeo abandonnée aux Pays-Bas : derrière les vitres poussiéreuses dorment des Giulia, des GTV et une 166 à moteur Busso

Une concession Alfa Romeo abandonnée aux Pays-Bas : derrière les vitres poussiéreuses dorment des Giulia, des GTV et une 166 à moteur Busso

Aux Pays-Bas, un vidéaste a mis au jour une ancienne concession Alfa Romeo figée depuis des années, remplie de berlines et coupés oubliés.

Dans un reportage vidéo relayé par le média spécialisé Motor1.com, un chasseur de lieux abandonnés a découvert aux Pays-Bas une concession Alfa Romeo laissée à l’abandon, où s’alignent encore des modèles emblématiques des années 1980, 1990 et 2000. Derrière les vitres poussiéreuses, ces voitures semblent intactes ou presque, comme si le temps s’était soudainement arrêté.

Un vidéaste tombe sur une concession figée dans le temps

À l’origine de cette trouvaille, on trouve un vidéaste britannique connu sous le nom de The Bearded Explorer, habitué des bâtiments abandonnés et des « barn finds », ces découvertes de voitures oubliées dans des hangars ou granges. Lors d’un de ses repérages aux Pays-Bas, il tombe d’abord sur une Ferrari 360 Modena laissée à l’abandon, déjà en piteux état.

Quelques kilomètres plus loin seulement, le décor change : il se retrouve face à une ancienne concession Alfa Romeo, rideaux tirés, vitres ternies par la poussière, mais avec, à l’intérieur, une véritable collection de modèles délaissés. Motor1.com décrit une scène de rêve pour amateur de la marque italienne, même si les autos ne valent pas des fortunes.

Cette concession néerlandaise aligne une rare sélection d’Alfa Romeo des années 1980 à 2000, abandonnées mais encore étonnamment complètes.

Dès l’entrée, les premières silhouettes se distinguent : des berlines compactes et familiales, quelques coupés, et surtout plusieurs générations de la fameuse mécanique Busso, ce V6 culte qui fait encore frémir les passionnés.

Des berlines du quotidien devenues pièces de collection

Une rangée de 156, 159 et une Giulia épuisée par le temps

La visite commence avec une Alfa Romeo 156, la berline de taille moyenne qui a marqué la fin des années 1990. À ses côtés, plusieurs 159 reprennent la même idée de berline familiale élégante, mais avec un style plus massif, typique des années 2000.

Au milieu de ces autos relativement récentes, une apparition plus ancienne attire l’œil : ce qui semble être une Giulia des années 1970, rouillée jusqu’à l’os. D’après la description relayée par Motor1.com, il ne reste quasiment que la coque, rongée par la corrosion, avec très peu d’éléments préservés. Un contraste saisissant avec les carrosseries plus récentes encore présentables.

Une 166 à moteur Busso, dernier grand vaisseau amiral

Plus loin dans le bâtiment trône une Alfa Romeo 166 dotée du fameux V6 3,0 litres 24 soupapes. Ce moteur, connu sous le nom de Busso, affiche ici 226 chevaux pour une vitesse de pointe annoncée à 147 miles par heure, soit environ 237 km/h.

Ce bloc représente l’un des sommets de la mécanique Alfa Romeo. Sur cette 166, dernier grand vaisseau amiral de la marque avant sa transition vers d’autres architectures, il n’a pourtant pas suffi à faire trembler les berlines allemandes haut de gamme, rappelle Motor1.com. Le modèle n’a jamais réussi à s’imposer face aux références venues d’outre-Rhin, malgré une ligne élégante et une sonorité moteur très appréciée.

Busso : un V6 atmosphérique à la sonorité réputée, ultime signature mécanique de nombreuses Alfa Romeo de caractère.

Les tractions des années 1980 et 1990 en embuscade

La 155 d’Ercole Spada, une réussite contestée mais bien conservée

Dans un autre coin de la concession, on retrouve une Alfa Romeo 155, berline dessinée par Ercole Spada. Le styliste, récemment disparu, avait signé là un modèle qui a connu un bon succès commercial, avec près de 200 000 exemplaires vendus selon Motor1.com, malgré des critiques récurrentes sur sa parenté technique avec la Fiat Tempra.

L’exemplaire abandonné apparaît en très bon état cosmétique : carrosserie verte quasi immaculée, jantes en alliage noir visiblement intactes. Vu de l’extérieur, cette 155 semble presque prête à reprendre la route, à condition bien sûr de vérifier tout ce qui ne se voit pas : freins, circuits, réservoir, caoutchoucs.

Les 33, héritières de l’Alfasud, dont une Quadrifoglio Verde

Derrière cette 155, une Alfa Romeo 33 rouge attire immédiatement l’attention. Elle se trouve être l’héritière de la célèbre Alfasud. Ceux qui connaissent la réputation parfois délicate de l’Alfasud en matière de corrosion noteront que la 33 l’a dépassée en qualité générale, au point d’atteindre environ un million d’exemplaires vendus en douze ans, d’après Motor1.com.

À ses côtés se cache une autre 33, cette fois dans la version Quadrifoglio Verde. On la reconnaît à son aileron arrière et à ses pare-chocs peints couleur carrosserie. Sous le capot, le moteur boxer 1,5 litre de 105 chevaux, dérivé de celui de l’Alfasud Ti, lui permet officiellement d’atteindre 185 km/h. Une fiche technique qui rappelle le rôle de ces compactes sportives dans la gamme Alfa de l’époque.

  • Alfa 33 « classique » : héritière de l’Alfasud, mieux finie et produite à grande échelle.
  • Alfa 33 Quadrifoglio Verde : version plus sportive, aileron, pare-chocs peints et moteur boxer 1,5 litre de 105 ch.
  • Alfa 155 : berline à traction dessinée par Ercole Spada, partageant sa base avec la Fiat Tempra.

Une 156 GTA et un GTV6 en embuscade

La 156 GTA, symbole de la sportivité Alfa de fin de siècle

Parmi les découvertes, Motor1.com signale aussi une 156 GTA, version la plus radicale de la 156 au tournant des années 2000. Là encore, le V6 Busso est de la partie, accompagné de modifications esthétiques plus agressives et d’un réglage châssis plus affûté.

Pour beaucoup d’amateurs, la 156 GTA marque l’une des dernières grandes sportives thermiques de la marque avant l’ère des mécaniques plus normées. La retrouver ainsi, immobilisée dans une concession fermée, renforce son statut de modèle culte.

Un GTV6 sur le pont et une 33 transformée en voiture de sécurité

La visite vidéo se prolonge jusque dans l’atelier de la concession. Sur un pont élévateur repose un GTV6, coupé phare des années 1980, a priori dans un état correct selon la description. Sous le capot, on retrouve un V6 2,5 litres de 160 chevaux, autre déclinaison du fameux Busso.

Non loin de là, une 33 préparée de manière particulière intrigue : six phares additionnels sont fixés à l’avant. Tout laisse penser qu’il s’agit d’une voiture utilisée comme safety car lors d’un championnat local, avec une préparation orientée vers une utilisation sur circuit ou en rallye.

Entre GTV6, 156 GTA et 166 V6, cette concession abandonnée concentre plusieurs des Alfa Romeo les plus emblématiques des années 1980 à 2000.

Qu’est-ce que cela représente pour un passionné français ?

Pour un amateur français, cette concession oubliée illustre un phénomène que l’on rencontre aussi en France : des garages fermés ou des dépôts remplis de voitures restées sur place, faute de repreneur ou après une faillite. Dans l’Hexagone, ces situations peuvent concerner des anciennes concessions de marques généralistes ou de prestige, où certains modèles finissent par devenir recherchés.

Le cas néerlandais décrit par Motor1.com montre surtout la variété de la gamme Alfa Romeo à la fin du XXe siècle, avec des berlines de grande série comme les 156 et 159, des compactes plus abordables comme la 33, et quelques modèles plus pointus comme la 156 GTA ou le GTV6. En France, ces mêmes modèles existent sur le marché de la voiture de collection, mais rarement rassemblés dans un seul et même lieu comme ici.

Un collectionneur français intéressé par ce type d’auto doit en général passer par des petites annonces, des ventes spécialisées ou des importations depuis des pays comme l’Italie, l’Allemagne ou les Pays-Bas. Les découvertes de « stocks dormants » dans des concessions fermées restent rares et très convoitées, notamment pour les modèles à moteur Busso.

Pourquoi les modèles à moteur Busso fascinent encore

Le V6 Busso, présent dans la 166, la 156 GTA ou encore le GTV6 de cette concession abandonnée, doit son nom à l’ingénieur Giuseppe Busso. Ce moteur atmosphérique en « V » se distingue par une sonorité très particulière, souvent décrite comme chantante, et par une montée en régime vive pour un bloc de cette époque.

Pour un amateur averti, la présence de plusieurs Busso dans un même garage confère à ce lieu un intérêt particulier. Ces moteurs sont recherchés autant pour leur agrément de conduite que pour leur valeur historique, car ils représentent une forme de savoir-faire mécanique difficile à retrouver aujourd’hui sur des modèles modernes soumis à des normes strictes.

La vision d’une 166 V6, d’une 156 GTA et d’un GTV6 immobilisés soulève forcément une question pour les passionnés : ces voitures pourront-elles un jour être sauvées, restaurées et remises sur route, ou finiront-elles par se détériorer définitivement derrière ces vitres grisées ? Pour répondre à cette interrogation, il faudrait connaître le statut juridique de la concession et de son stock, ce que la source Motor1.com ne précise pas.

Les risques et défis d’une restauration de voitures longtemps immobilisées

Récupérer une voiture restée des années dans une concession fermée ne se résume pas à lui poser une batterie neuve. L’immobilisation prolongée entraîne tout un lot de problèmes potentiels : réservoir encrassé, joints secs, durites craquelées, freins grippés, corrosion invisible sur châssis et trains roulants.

Pour un modèle à moteur Busso ou un GTV6, la restauration peut se révéler coûteuse, notamment en raison de la disponibilité plus limitée de certaines pièces spécifiques. À l’inverse, des berlines comme les 156 ou 159, produites à plus grande échelle, offrent parfois un accès plus facile à des éléments de remplacement, même si l’investissement reste conséquent.

Cette concession abandonnée aux Pays-Bas donne ainsi une photographie saisissante d’un patrimoine automobile en suspens : ni vraiment perdu, ni réellement protégé, en attente d’un éventuel sauvetage par un collectionneur, un professionnel ou un passionné prêt à s’attaquer à plusieurs chantiers de restauration lourds.

Delmart Daniel

Daniel Delmart est passionné par l'univers de l'automobile et de la moto. Curieux des nouveautés, des évolutions du secteur et des innovations technologiques, il partage des actualités, des conseils pratiques et des découvertes pour accompagner les passionnés comme les conducteurs du quotidien.

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